
Une coupe de cheveux touche presque toutes les sensibilités à la fois : le bruit, le contact sur la nuque, les cheveux qui grattent dans le col, et quelqu'un dans le dos qu'on ne voit pas.
Nous allons entrer, couper les cheveux et remercier.
Je rentre dans le salon
On entre calmement dans le salon, main dans la main.
Je dis bonjour au coiffeur
Dis bonjour avec ta voix normale, s'il te plaît.
Je monte sur le fauteuil
Aide-moi à monter si besoin, doucement.
Je m'assieds droit sur le siège
Assieds-toi bien, les mains sur les genoux.
On met la cape sur moi
Je pose la cape doucement autour de ton cou.
Le coiffeur vaporise un peu d'eau
Préviens-lui si le spray te gêne.
Le coiffeur coupe mes cheveux
Regarde le coiffeur et reste calme pendant la coupe.
Je regarde mon reflet dans le miroir
Regarde ton nouveau coiffage et montre ce que tu aimes.
Je dis merci au coiffeur
Dis merci et souris quand tu es prêt.
Le cuir chevelu et la nuque sont des zones très innervées, et beaucoup d'enfants autistes y sont hypersensibles : la tondeuse vibre, les ciseaux claquent près de l'oreille, des mains manipulent la tête sans prévenir. À cela s'ajoute le pire pour beaucoup, les cheveux coupés qui glissent dans le cou et le dos et qu'on ne peut pas enlever.
Et tout cela se passe derrière soi, dans un miroir, par quelqu'un qu'on ne voit pas venir. Le salon ajoute encore des sèche-cheveux, des odeurs de produits et des inconnus très proches.
La veille et le matin, comme pour un rendez-vous de soin. Mais ici un troisième temps aide énormément : rejouer la séquence à la maison, avec une serviette en guise de cape et sans aucun ciseau.
Si votre enfant supporte mal le salon, une visite pour simplement s'asseoir dans le fauteuil et repartir prépare mieux que dix explications.
Décrivez les sensations avant qu'elles arrivent, en une phrase courte : « la cape touche mon cou », « ça vibre », « les cheveux tombent ». Une sensation annoncée est une sensation à moitié désamorcée.
Nommez toujours la fin : « le coiffeur enlève la cape, on rentre ».
| Plutôt que | Sur la planche |
|---|---|
| « Ne bouge pas la tête, sinon la coupe sera ratée. » | « Je garde la tête droite. » |
| « Ce n'est pas désagréable, tu exagères. » | « Ça vibre sur mon cou. C'est court. » |
| « Tu dois rester assis jusqu'à la fin. » | « Je m'assois. Je regarde le miroir. » |
Une coupe en deux fois vaut mieux qu'une crise. Beaucoup de coiffeurs acceptent de faire l'essentiel et de terminer un autre jour, surtout si on les prévient.
Certains salons proposent des créneaux calmes, hors affluence, voire à domicile. Cela change souvent tout.