
Le soir, la difficulté n'est pas de dormir : c'est d'arrêter. Une planche transforme une négociation qui recommence chaque soir en une suite d'étapes qui, elles, ne se discutent pas.
Nous allons ranger, nous laver, lire et dormir.
Je range mes jouets
Range tes jouets dans la boîte ensemble, doucement.
Je mets mon pyjama
Tu peux mettre ton pyjama maintenant, je t'aide si besoin.
Je me brosse les dents
Brosse bien les dents en haut et en bas, cadeau pour les dents.
Je vais aux toilettes
Va aux toilettes avant d'aller au lit, je t'attends dehors.
Je choisis une histoire
Choisis l'histoire que tu veux ce soir, prends-la doucement.
Je vais au lit
Allons au lit maintenant et posons ton livre près de toi.
J'écoute l'histoire
Je lis ton histoire calmement, à voix douce et lente.
Je fais un câlin
Viens pour un câlin rapide, c'est ta fin de journée.
J'éteins la lumière
Bonne nuit, j'éteins la lumière maintenant, dors bien.
Le coucher demande une transition, et les transitions sont ce qui coûte le plus cher. Il faut quitter une activité agréable, sans savoir précisément quand ni pourquoi maintenant, pour aller vers un moment où il n'y a plus de stimulation et où les sensations de la journée reviennent toutes en même temps.
S'y ajoute la fatigue, qui réduit exactement les ressources dont l'enfant aurait besoin pour gérer ce changement. C'est pour cela que le même enfant tient très bien à 15 h et déborde à 20 h 30.
L'intérêt d'une planche du coucher n'est pas de la lire une fois mais de la suivre tous les soirs, dans le même ordre, y compris les soirs faciles. C'est la répétition qui la rend efficace, pas le contenu.
Affichez-la à hauteur d'enfant, dans la salle de bain ou la chambre. Laissez l'enfant cocher ou déplacer un repère : agir sur la planche vaut mieux que la subir.
Annoncez la fin de l'activité en cours avant d'annoncer le coucher : « encore deux tours, puis pyjama » prépare, alors que « au lit maintenant » coupe. Le préavis compte plus que le ton.
Une étape par image, à la première personne, et surtout la même formulation chaque soir. Changer les mots change le rituel.
| Plutôt que | Sur la planche |
|---|---|
| « Allez, il est tard, au lit tout de suite ! » | « Encore deux tours. Après, pyjama. » |
| « Arrête de te relever, tu dois dormir. » | « Je reste dans mon lit. Papa revient. » |
| « Si tu ne dors pas, demain tu seras fatigué. » | « J'éteins la lumière. Je ferme les yeux. » |
Se relever fait partie du rituel tant qu'il n'est pas installé. Le plus efficace est une réponse identique à chaque fois, très courte et sans discussion : on raccompagne, on nomme l'étape, on repart.
Si les nuits sont durablement très difficiles, c'est un sujet à porter au médecin ou à l'équipe qui suit votre enfant : les troubles du sommeil sont fréquents dans l'autisme et ne se règlent pas seulement avec un rituel.