
La récréation est un temps sans consigne, où tout est social et rien n'est expliqué. Beaucoup d'enfants autistes la vivent comme le moment le plus difficile de la journée, bien avant les cours.
J'arrive dans la cour, je vais au banc, je choisis une activité, puis je peux regarder un jeu, demander à jouer ou aller au coin calme.
J'arrive dans la cour
Tu peux regarder autour pour choisir ton coin.
Je vais au banc près du préau
Tu vas au banc près du préau que tu as choisi.
Je regarde l'adulte en gilet
Regarde l'adulte en gilet si tu veux.
Je prends un bâton pour dessiner
Prends un bâton si tu veux dessiner.
Je dessine un tracé sur le sol
Commence ton dessin quand tu es prêt.
Je marche le long du tracé
Tu peux marcher le long du tracé si tu veux.
Je m'assois sur le banc
Tu t'assois sur le banc quand tu es prêt.
Je regarde le groupe qui joue
Regarde le groupe pour voir comment ils jouent.
Je demande si je peux jouer
Demande « Je peux jouer ? » d'une voix calme.
Je vais au coin calme si besoin
Si le bruit te gêne, va au coin calme.
En classe, les règles sont explicites : on lève la main, on écoute, on écrit. Dans la cour, tout devient implicite. Il faut décoder qui joue à quoi, comment on demande à entrer dans un jeu, ce qu'un regard signifie, et le faire en temps réel dans le bruit.
C'est aussi le lieu où l'écart social se voit le plus, et où l'enfant peut se retrouver isolé sans qu'aucun adulte ne perçoive la difficulté, puisqu'il ne se passe rien de visible.
Elle sert moins à préparer un événement qu'à donner un répertoire : trois ou quatre choses possibles à faire, décidées au calme, quand la cour n'est pas encore là.
Choisissez-les avec votre enfant, et gardez-les stables plusieurs semaines. Un répertoire connu vaut mieux qu'un répertoire large.
Des actions concrètes et réalisables seul en priorité : marcher le long du grillage, s'asseoir au banc, regarder un livre si c'est autorisé. Une option qui dépend d'autres enfants n'est pas une option fiable.
Ajoutez une phrase toute faite pour demander à jouer. Disposer d'une formule apprise évite d'avoir à l'inventer sous pression.
| Plutôt que | Sur la planche |
|---|---|
| « Va jouer avec les autres, ce n’est pas compliqué. » | « Je marche jusqu’au banc. » |
| « Tu devrais te faire des copains. » | « Je demande : « je peux jouer ? » » |
| « Ne reste pas tout seul dans ton coin. » | « Je regarde le jeu. C’est permis. » |
Rester seul n'est pas toujours un problème : certains enfants autistes ont réellement besoin de ce temps de récupération, et le leur retirer au nom de la sociabilité les épuise. La question utile est de savoir si l'enfant est seul par choix ou par échec.
Le rejet répété, lui, doit être signalé à l'école. Il ne se règle pas par des conseils donnés à l'enfant seul.