
Le matin, tout doit s'enchaîner en quarante minutes, dans un ordre précis, alors que l'enfant émerge à peine. Une planche affichée remplace les vingt relances qui finissent en cris.
Le matin d'école, je fais la même suite d'étapes.
J'entends le réveil
Tu peux ouvrir les yeux doucement
Je me lève
Viens t'asseoir sur le bord du lit
Je vais aux toilettes
Va aux toilettes, je t'attends ici
Je m'habille avec les vêtements préparés
Tes vêtements sont prêts, habille-toi
Je prends mon petit déjeuner
Prends ton petit déjeuner calmement
Je me brosse les dents
Brosse bien tes dents pendant deux minutes
Je mets mes chaussures
Mets tes chaussures, prends ton temps
Je prends mon cartable déjà prêt
Prends ton cartable, il est prêt
Je mets mon manteau
Mets ton manteau si tu en as besoin
Je pars à l'école
On y va, bonne journée à l'école
Parce qu'il demande une suite d'actions enchaînées sans erreur, avec une contrainte de temps, à un moment où les ressources d'attention sont au plus bas. Chaque étape suppose de savoir où on en est, ce qui vient après, et de résister à tout ce qui distrait entre les deux.
S'y ajoute la pression du parent, qui augmente à mesure que l'heure tourne. L'enfant perçoit très bien cette montée, elle le désorganise davantage, et la relance suivante fonctionne encore moins bien que la précédente.
À l'endroit où se déroule l'action, pas dans la cuisine pour tout le matin : une planche dans la chambre pour l'habillage fonctionne mieux qu'une planche unique loin des vêtements.
Affichée en permanence, à hauteur d'yeux. Le but est qu'elle devienne un meuble, quelque chose qu'on consulte sans y penser.
Remplacez la relance verbale par un geste : montrer l'image suivante. Une consigne orale de plus s'ajoute au bruit ambiant ; une image montrée du doigt dit où on en est sans rien ajouter à traiter.
Une action par image, formulée par ce que l'enfant fait, jamais par ce qu'il doit arrêter de faire.
| Plutôt que | Sur la planche |
|---|---|
| « Dépêche-toi, on va encore être en retard ! » | « J'enfile mon pantalon. » |
| « Arrête de jouer et va t'habiller, je te l'ai déjà dit trois fois. » | « Après le petit-déjeuner : les dents. » |
| « Tu n'as toujours pas mis tes chaussures ? » | « Je mets mes chaussures. Puis mon manteau. » |
Quand la matinée est déjà partie de travers, ajouter des consignes ne la remet pas droite. Il est plus efficace de sauter une étape non essentielle et d'arriver calme que de tout tenir et d'arriver en crise.
Beaucoup de ce qui coince le matin se règle la veille : préparer les vêtements et le cartable le soir retire deux décisions à un moment où il n'y a plus de marge.