
Le cabinet dentaire cumule presque tout ce qui déborde un enfant hypersensible : une lumière dans les yeux, un bruit aigu, des mains inconnues dans la bouche, et l'impossibilité de dire stop. Cette planche montre le déroulé avant d'y être.
On arrive, je m'installe, le dentiste regarde mes dents.
Entrer dans la clinique
Nous entrons calmement dans la clinique.
Dire bonjour à l'accueil
Tu peux dire bonjour et montrer ton nom.
S'asseoir dans la salle d'attente
Viens t'asseoir ici, près de moi.
Attendre assis jusqu'à l'appel
On attend tranquillement jusqu'à ce qu'on nous appelle.
Aller au cabinet quand on m'appelle
Viens avec moi, on va au cabinet maintenant.
Monter dans le grand fauteuil qui monte
Assieds-toi et je t'aide à t'installer.
Regarder la petite lumière au-dessus
Regarde la petite lumière, elle aide le dentiste.
Tenir le petit miroir que l'on montre
Tiens le miroir si le dentiste te le donne.
Ouvrir grand la bouche
Ouvre grand la bouche quand on te le demande.
Le dentiste compte mes dents
Le dentiste va compter et regarder chaque dent.
Rincer ma bouche avec de l'eau
Rince doucement la bouche avec l'eau proposée.
Dire au revoir en souriant
On dit au revoir et merci au dentiste.
Ce n'est presque jamais la douleur. C'est la position allongée, qui retire tout contrôle et empêche de voir venir ; c'est la lampe braquée sur le visage ; c'est le sifflement de la turbine, dont la fréquence traverse une hypersensibilité auditive comme une aiguille. Ajoutez le goût du gant, l'odeur du cabinet, et le fait qu'on demande à l'enfant de garder la bouche ouverte sans bouger pendant que quelque chose d'inconnu s'y passe.
L'enfant ne refuse pas les soins. Il refuse de ne pas savoir ce qui arrive dans son corps, sans pouvoir l'arrêter. C'est exactement ce qu'une planche corrige : elle rend la séquence prévisible, et elle rend la fin visible.
Deux fois vaut mieux qu'une longue. La veille au calme, sans enjeu, comme une histoire : on regarde, on nomme, on repose la planche. Puis le matin même, cinq minutes avant de partir, en repassant le doigt sur chaque étape dans l'ordre.
Emportez la planche et sortez-la dans la salle d'attente : c'est là que l'attente fabrique l'angoisse, et c'est là qu'un support qui dit « après ça, on rentre » vaut le plus.
Une phrase par image, au présent, et ce que l'enfant fait plutôt que ce qu'il ne doit pas faire. « Je m'assois » se comprend ; « ne bouge pas » demande de tenir en tête une action et sa négation, ce qui coûte beaucoup plus cher au moment où l'enfant est déjà saturé.
Reprenez ses mots à lui. Si chez vous on dit « la chaise qui monte », gardez « la chaise qui monte » : la planche doit ressembler à la maison, pas à un livre.
| Plutôt que | Sur la planche |
|---|---|
| « N'aie pas peur, ça ne fait pas mal. » | « Le dentiste regarde mes dents. » |
| « Il ne faut pas bouger pendant le soin. » | « Je reste assis. Je respire. » |
| « Tu dois ouvrir la bouche quand on te le demande. » | « J'ouvre la bouche. » |
Une planche réduit la casse, elle ne la supprime pas. Prévoir la sortie à l'avance évite de l'improviser en pleine crise, devant un praticien qui attend.
Une séance qui s'arrête à l'étape 3 n'est pas un échec : c'est trois étapes de plus que la fois d'avant, et la suivante repartira de là.