
Ce qui fait crise, ce n'est presque jamais l'aiguille. C'est l'attente, le garrot qui serre, et le fait de ne pas savoir combien de temps ça va durer. Cette planche donne un début, un milieu et une fin visibles.
Nous arrivons au cabinet, je fais le vaccin, puis nous rentrons.
Je marche vers le cabinet
On marche jusqu'à la porte du cabinet ensemble.
J'entre dans la salle d'accueil
On entre calmement et on cherche la secrétaire.
Je dis bonjour à la secrétaire
Bonjour, nous sommes là pour le rendez-vous de X.
Je m'assois en salle d'attente
On s'assoit ici jusqu'à ce que le médecin nous appelle.
J'attends jusqu'à mon tour
Je te préviens quand le médecin arrive pour toi.
Je dis bonjour au docteur
Bonjour docteur, c'est le rendez-vous pour le vaccin.
Je monte sur la table d'examen
Tu peux monter sur la table, je t'aide si besoin.
Je relève ma manche
Tu peux remonter ta manche pour que le docteur voie ton bras.
Je reçois la piqûre rapidement
Ça va être rapide, le docteur fait la piqûre.
Je mets le pansement
Je place un pansement sur le petit trou du vaccin.
Le docteur me dit bravo
Bravo, tu as été courageux(se) pendant la piqûre.
Je dis au revoir puis je rentre
On dit au revoir et on rentre à la maison ensemble.
Trois choses se cumulent. L'anticipation d'abord : dans une salle d'attente, un enfant qui ne sait pas ce qui arrive remplit le vide avec le pire. La contention ensuite, car on immobilise un bras, et pour beaucoup d'enfants autistes être tenu est plus insupportable que la douleur. L'imprévisibilité enfin : le garrot serre sans prévenir, la peau est froide, quelqu'un cherche une veine pendant un temps que personne n'annonce.
Une planche agit sur les trois : elle remplit l'attente avec du connu, elle prévient de ce qui va serrer et piquer, et elle montre l'étape « c'est fini » avant même de commencer.
La veille pour l'histoire, le matin pour la répétition, et pendant l'attente pour le repère. C'est le troisième moment qui compte le plus ici : au laboratoire, l'attente est le moment le plus long et le moins occupé de tout le rendez-vous.
Certains enfants ont besoin de la tenir eux-mêmes et de pointer l'étape en cours. Laissez-les faire : c'est le seul contrôle qui leur reste dans ce moment-là.
Ne promettez pas que ça ne fera rien. Un enfant à qui on a dit « tu ne sentiras rien » et qui sent quelque chose n'aura plus aucune raison de vous croire au rendez-vous suivant. Dites ce qui est vrai et court : « ça pique une fois », « ça serre le bras », « après, on s'en va ».
Nommez la fin explicitement. « Après la piqûre, on rentre à la maison » est souvent l'image la plus utile de toute la planche.
| Plutôt que | Sur la planche |
|---|---|
| « Ça ne va pas faire mal du tout, promis. » | « Ça pique une fois. Après, c'est fini. » |
| « Arrête de bouger ton bras, sinon ça va être plus long. » | « Je pose mon bras sur la table. » |
| « Il faut que tu sois courageux maintenant. » | « Je regarde mon livre. J'attends. » |
Un refus au dernier moment est une information, pas un caprice : quelque chose dans la pièce dépasse ce qu'il peut encaisser. Le forcer réussit parfois une fois et coûte les dix rendez-vous suivants.
Demandez au laboratoire ce qui est possible : beaucoup acceptent de laisser sortir puis revenir, ou de faire le prélèvement assis sur un parent plutôt que seul.