
Une consultation demande de laisser un inconnu toucher son corps, dans un ordre imprévisible, après une attente de durée inconnue. La planche remet un début et une fin sur tout ça.
Le corps est touché sans que l'enfant décide quand ni où : le stéthoscope froid, l'otoscope dans l'oreille, l'abaisse-langue, les mains sur le ventre. Chaque geste arrive sans préavis, et beaucoup sont désagréables sans être douloureux.
L'attente aggrave tout. Une salle d'attente est un temps vide, avec d'autres personnes, sans durée annoncée, juste avant quelque chose d'inconnu. C'est souvent là que se joue l'état dans lequel l'enfant entrera dans le cabinet.
La veille pour la découverte, le matin pour la répétition, et dans la salle d'attente pour occuper le temps mort. Ce troisième temps est le plus utile des trois.
Pour un rendez-vous de suivi régulier, gardez la même planche : la répétition à l'identique est ce qui installe la confiance d'une fois sur l'autre.
Nommez chaque geste juste avant qu'il arrive, en une phrase. Demandez au médecin de faire pareil : la plupart le font volontiers si on le leur demande en début de consultation.
Décrivez la sensation, pas l'intention : « c'est froid » se comprend, « le docteur va t'ausculter » ne dit rien à un enfant.
| Plutôt que | Sur la planche |
|---|---|
| « Le docteur va juste t’examiner, ce n’est rien. » | « Le docteur écoute mon cœur. C’est froid. » |
| « Sois sage et laisse-toi faire. » | « J’ouvre la bouche. Je dis « aaa ». » |
| « On en a pour deux minutes, ne bouge pas. » | « Après, je descends de la table. » |
Beaucoup de gestes peuvent se faire dans un autre ordre, ou assis sur un parent plutôt que sur la table. Un médecin prévenu accepte presque toujours d'adapter, à condition de le savoir avant d'avoir commencé.
Il est utile de dire, en entrant, ce qui déclenche et ce qui apaise chez votre enfant. Trente secondes d'information évitent souvent dix minutes de blocage.